Congrès
Conférence de Jean-Paul Forest et Marcel Otte au 135eme congrés des Sociétés Scientifiques et Historiques, sur le thème “ Paysages “, à Neuchatel (suise) du 04 au 10 Avril 2010
Le jeudi 08 Avril, 11heures, colloque “ Paysage et religion - les usages du paysage sacré “
“ La vie d’un paysage mythologique de Polynésie : la vallée de Papeno’o à Tahiti “
http://cths.fr/co/index.php
Résumé : Perdue en plein Pacifique, une île réveille en tout esprit qui l’aborde le défi lancé par chaque existence à l’intemporel, à l’inaccessible. Entre Equateur et Tropique, parée d’une végétation luxuriante, Tahiti offre un violent contraste avec l’infinité étourdissante de ses eaux océanes : on y cherche ses rêves, tendus vers l’immortalité. Au fil du temps, l’enclave de la vallée de Papeno’o reçut différentes strates de sacralité, sans qu’il soit clairement possible d’y distinguer la part fournie par la singularité du lieu de celles ajoutées par les attentes successives des hommes. Le tissu social, déchiré sporadiquement par les luttes tribales des populations polynésiennes, se restaurait provisoirement dans cette aire vouée à la neutralité. La sacralité y était alors marquée par une succession d’enclaves religieuses intégrées plastiquement à ses mouvements en cascades, les « maraes ». L’esprit du lieu y condensa ensuite le vent de fronde suscité par l’opposition aux valeurs européennes brutalement introduites. Dans la société moderne, ce sanctuaire fut ensuite élu comme cadre tangible à la recherche d’un exotisme enivrant, réputé magique et dangereux. L’industrialisation y a récemment investi ses nouvelles valeurs axées sur le couple paradoxal « production-détente ». Cette vallée forme dès lors le creuset où s’élaborent de nouveaux mythes fondés sur le tiraillement entre matérialisme et idéologies. Désormais, une aventure artistique y est lancée ; elle s’exerce sur les aires de contact entre ce paysage chargé d’esprit et des actes de réparation symbolique, incarnant l’engagement physique qui forge un destin individuel.